Las si las
De la laideur des images
De la bêtise des discours
Des interventions en temps réel du premier crétin venu sur son réseau social
Du rire imbécile de l’animateur chargé à la coke
Du clinquant des lumières des musiques
Du n’importe quoi
Du n’importe quoi
Las si las
De la laideur des images
De la bêtise des discours
Des philosophes d’opérette qui jouent aux grands sages
Des authentiques salauds qui portent leur haine sur leur gueule
comme une étiquette
Des demi-penseurs qui arguent d’un vague diplôme pour exprimer
vingt-quatre heures sur vingt-quatre !
leur mépris de classe
De la vulgarité publicitaire
Du bavardage infini
Des commentaires de commentaires
Du n’importe quoi
Du n’importe quoi
Las si las
De l’horreur des images
De l’ignominie des discours
Du cœur pourri des hommes ces singes mal dégrossis
Des assassins qui ont toujours au moins une bonne raison de tuer
Des amis de la mort qui veulent planter partout leur drapeau de ténèbres
Las si las
D’être un témoin impuissant
De la sauvagerie
De la bestialité
De l’oubli des principes
De la souffrance des innocents
Las si las
Des minutes de silence
De la compassion qui ne coûte rien
Des hymnes des larmes
Des dessins des bougies
Des bouquets des fleurs
Mais veille, veille encore !
Dans la mesure de tes faibles forces
À ce que ta fatigue ta lassitude
Ne deviennent pas
Désespoir passif
Dégoût définitif
Octobre 2023
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Le poème a été écrit en octobre 2023, suite à l’assassinat en France d’un second professeur, Dominique Bernard, et à l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre. Comme on sait ce qu’a été la réponse, la riposte du gouvernement israélien depuis, lassitude semble un mot bien faible…
Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot.

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