vendredi 9 octobre 2026

Une si grande lassitude, Dans les marges du temps



Las si las 

De la laideur des images 

De la bêtise des discours  

Des interventions en temps réel du premier crétin venu sur son réseau social 

Du rire imbécile de l’animateur chargé à la coke 

Du clinquant des lumières des musiques  

Du n’importe quoi  

Du n’importe quoi 

 

Las si las 

De la laideur des images 

De la bêtise des discours 

Des philosophes d’opérette qui jouent aux grands sages  

Des authentiques salauds qui portent leur haine sur leur gueule  

comme une étiquette 

Des demi-penseurs qui arguent d’un vague diplôme pour exprimer  

vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! 

leur mépris de classe 

De la vulgarité publicitaire 

Du bavardage infini  

Des commentaires de commentaires 

Du n’importe quoi  

Du n’importe quoi 

 

Las si las  

De l’horreur des images  

De l’ignominie des discours  

Du cœur pourri des hommes ces singes mal dégrossis 

Des assassins qui ont toujours au moins une bonne raison de tuer  

Des amis de la mort qui veulent planter partout leur drapeau de ténèbres 

 

Las si las  

D’être un témoin impuissant 

De la sauvagerie  

De la bestialité  

De l’oubli des principes  

De la souffrance des innocents  

 

Las si las  

Des minutes de silence  

De la compassion qui ne coûte rien  

Des hymnes des larmes 

Des dessins des bougies  

Des bouquets des fleurs 

 

Mais veille, veille encore ! 

Dans la mesure de tes faibles forces 

À ce que ta fatigue ta lassitude  

Ne deviennent pas  

Désespoir passif  

Dégoût définitif 

 

 

                            Octobre 2023 

 

 

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Le poème a été écrit en octobre 2023, suite à l’assassinat en France d’un second professeur, Dominique Bernard, et à l’attaque terroriste du Hamas le 7 octobre. Comme on sait ce qu’a été la réponse, la riposte du gouvernement israélien depuis, lassitude semble un mot bien faible… 

Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot. 

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