vendredi 12 juillet 2024

Au bout de la folie (Shutter Island, Denis Lehane, Martin Scorsese...)

 


Oscar Wilde, Aphorismes (notes au fil de la lecture)

 


      Il n’existe qu’une certitude définitive sur la nature humaine, elle est changeante.

 

Les comédiens ont bien de la chance. Ils peuvent choisir de jouer dans une tragédie ou dans une comédie, de souffrir ou de se divertir, de rire ou de verser des larmes. Ce qui est différent de la vie réelle. La plupart des hommes et des femmes sont obligés d’y tenir des rôles pour lesquels ils n’ont aucune qualification. Le monde est une scène de théâtre, mais les rôles ont été mal distribués.

 

Aux yeux de quiconque a lu l’Histoire, la désobéissance est la vertu originelle de l’homme. La désobéissance a permis le progrès – la désobéissance et la rébellion.

 

Recommander aux pauvres d’être économes est à la fois grotesque et insultant. Cela revient à conseiller à un homme qui meurt de faim de manger moins.

 

Une cause n’est pas nécessairement vraie parce qu’un homme meurt pour elle.

 

Les présages n’existent pas. Le destin ne nous envoie pas de messagers. Il est bien trop avisé ou cruel pour cela.

 

Les idéaux sont choses dangereuses. Il vaut bien mieux se confronter aux réalités. Elles blessent, mais elles sont bien meilleures.

 

Rien n’est aussi dangereux que d’être trop moderne. On a tendance à devenir vieux jeu sans s’en rendre compte.

 

L’âme est vieille à la naissance mais rajeunit. C’est la comédie de la vie. Le corps est jeune à la naissance et vieillit. C’est la tragédie de la vie.

 

Je ne pense pas que l’homme ait de grandes capacités de développement. Il est allé aussi loin qu’il le pouvait, ce qui n’est pas bien loin.

 

La vie nous fait payer trop cher ce qu’elle nous offre, et le plus insignifiant de ses secrets doit être acheté un prix exorbitant et infini.

 

On peut résister à tout sauf à la tentation.

 

Un sentimental est un homme qui donne à tout une valeur absurde et qui n’a aucune idée du prix de quoi que ce soit.

 

La ponctualité est une voleuse de temps.

 

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles.

 

Pour un homme ou une nation, le mécontentement est le premier pas vers le progrès.

 

Quelle est la différence entre le journalisme et la littérature ? Le journalisme est illisible et la littérature n’est pas lue.


Plus je vis et plus je suis persuadé que tout ce qui était bon pour nos pères ne l’est pas assez pour nous. En art, comme en politique, « les grands-pères ont toujours tort ».

 

L’idéal moderne est un homme parfaitement bien informé. Et l’esprit d’un homme parfaitement bien informé est une chose terrible. Il ressemble à une boutique de bric-à-brac, rien que des monstres et de la poussière, chaque chose marquée d’un prix bien supérieur à sa valeur réelle.

 

La valeur d’une idée n’a absolument rien à voir avec la sincérité de l’homme qui l’exprime.

 

L’éducation est une chose admirable, mais il faudrait parfois se rappeler que rien de ce qui vaut la peine d’être connu ne peut s’enseigner.   

 

Il est tout à fait erroné de croire, comme le font beaucoup de gens, que l’esprit d’une personne se révèle dans son visage. Le vice s’inscrit parfois dans les lignes et leurs modifications, mais c’est tout. Notre visage est en réalité un masque qui nous a été donné pour dissimuler notre esprit.

 

Aujourd’hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien.

 

Révéler l’art et dissimuler l’artiste, tel est le but de l’art.

 

On devrait toujours être légèrement improbable.

 

Il est tragique de voir qu’aujourd’hui, en Angleterre, il y a tant de jeunes gens qui démarrent dans la vie avec les meilleures espérances et qui finissent par embrasser quelque profession utile.

 

 

 

Oscar Wilde, Aphorismes

Traduction de Bernard Hœpffner (avec la collaboration de Catherine Goffaux)

 

jeudi 11 juillet 2024

René Char, La liberté


 

Elle est venue par cette ligne blanche pouvant tout aussi bien signifier l’issue de l’aube que le bougeoir du crépuscule.

Elle passa les grèves machinales ; elle passa les cimes éventrées.

Prenaient fin la renonciation à visage de lâche, la sainteté du mensonge, l’alcool du bourreau.

Son verbe ne fut pas un aveugle bélier mais la toile où s’inscrivit mon souffle.

D’un pas à ne se mal guider que derrière l’absence, elle est venue, cygne sur la blessure, par cette ligne blanche.  


jeudi 4 juillet 2024

Retour à l'âge de pierre (avec le RN)

Juin, Charlie Hebdo, 3 juillet 2024

Une super production Europe 1, CNews, digne de Stanley Kubrick. « Un chef-d’œuvre » (Le Figaro). « Un film qui donne à penser » (Le Point). « Notre coup de cœur » (Causeur). « Simplement génial » (Valeurs actuelles). Avec dans le rôle des primitifs, plus vrais que nature : Marine, Marion, Jordan...

dimanche 30 juin 2024

Leonard Cohen, L'énergie des esclaves (extrait)


 

Les poèmes ne nous aiment plus

ils ne veulent plus nous aimer

ils ne veulent plus être des poèmes

Ne nous appelez pas, disent-ils

Nous ne pouvons plus vous aider


vendredi 28 juin 2024

Programme du RN : désormais tous les joueurs de l'équipe de France seront blancs...

 


Source image : l’Equipe


Pour mémoire, ce grand humaniste qu’est Alain Finkielkraut se moquait il y a déjà quelques années de cette équipe de France « Black, black, black ». Mais ce n’était pas un propos raciste : on l’avait mal compris, c’était juste une blague, comme d’habitude avec l’extrême droite. Frédéric Perrot

mardi 11 juin 2024

Aux esprits les plus réactionnaires (pour Rabah)

 

En vue des législatives


Vous avez bien raison :

C’était mieux avant !

 

Moi-même, il y a six mois

Je me trouvais tout différent !

 

Quand l’ordre régnait, 

Que l’on n’avait pas tourné le dos à la nature et au sens commun,

 

Que la femme soumise s’étonnait juste un peu parfois

De ne jamais jouir sous les assauts hâtifs de son mari,

 

Tout était plus simple,

Tout était plus clair,

 

Le mâle blanc n’était pas menacé,

Chacun restait à sa place, 

 

Nos nègres nous respectaient et nos arabes ramassaient nos poubelles.

Désormais, ils se revendiquent de leur religion et même de leur couleur de peau –

 

Quelle décadence !

 

Vous avez bien raison :

C’était mieux avant !

 

Le général de Gaulle était encore vivant.

La France avait ce charme discret des cartes postales en noir et blanc.

 

Comme c’était mieux !

 

Inutile de vous dire qu’il n’y a jamais en histoire de retour en arrière,

Et que le monde rêvé dont vous parlez n’a jamais existé…

 

Tout était plus simple,

Tout était plus clair,

 

Le mâle blanc n’était pas menacé

Et chacun avait le sens du sacrifice

 

Oh, vous êtes juste d’affreux réactionnaires.

Et vous êtes exactement dans l’air du temps.

 

Vous trouverez toujours que la France n’est pas assez autoritaire.

Aux dernières nouvelles, vous feignez de craindre une guerre civile

 

Qu’en vérité vous désirez de tout votre être,

Tant vous avez le goût du désastre et du sang

 

 

      Le poème appartient à mon recueil inédit, Dans les marges du temps (janvier 2024). Frédéric Perrot 


lundi 3 juin 2024

Une autre quarantaine (hommage à Franz Kafka)

 

1 – Il était citoyen d’un monde où les animaux s’exprimaient comme des savants et les hommes comme des bêtes.

 

2 – Obstinément, ce qu’il détruisait d’un côté, il le reconstruisait de l’autre à l’identique.

 

3 – Il était un artiste habile. Il jonglait avec du sable…

 

4 – Il écrivait des lettres longues comme des rêves ; non pour séduire la personne à qui il s’adressait en apparence, mais pour la tenir à distance.

 

5 – Les aveux les plus pénibles lui venaient spontanément, comme au fil de la plume. Il était de ces écrivains qui ne conçoivent pas qu’on puisse écrire pour ne rien troubler ou ne jamais mettre personne dans l’embarras. 

 

6 – Il cherchait l’amour et chaque femme lui répondait : « Que ferais-je d’un homme, qui n’est ici que toléré ? »  Étant d’une excessive timidité, il se retirait sans rien dire. L’amour est toujours un peu trop collet monté.

 

7 – Sa solitude avait des dents et des griffes. Son silence bruissait de cris. La peur était la couleur de son imaginaire.

 

8 – Se révolter n’est pas pousser des hauts cris ou porter en public le masque de l’indignation. Il était calme et impassible. Assis à sa table de travail, il supportait sans sourciller les assauts d’un monde hostile. Il se plaignait seulement parfois de ses maux de tête et de son sommeil troublé. Un moment, il plaça de grands espoirs dans l’aspirine.

 

9 – Il était d’une sobriété exemplaire. Il ne supportait ni le tabac, ni les relents de bière dans l’haleine de son père. L’ivrognerie devait lui sembler une manie allemande, une manie de bouchers sanguinaires. Son ivresse était d’un autre ordre.

 

10 – Un artiste n’est pas toujours conscient de ce qui l’amoindrit. Il détestait la musique. Il la ressentait comme une menace… Or, rien ne devait mettre en péril les fragiles harmoniques de son monde intérieur.

 

11 – Ses récits avaient l’étrangeté du rêve, sans en avoir le débraillé.

 

12 – Il se cognait le front contre des murs invisibles, qui n’existaient que dans son esprit. Mais la douleur était bien réelle…

 

13 – Il était l’épi de blé, non la faux qui le coupe. La punaise, non la botte qui l’écrase.

 

14 – On peut juger préférable de ne pas se réveiller, que de se réveiller une fois de plus dans les cris de son père.

 

15 – Son plus grand tourment était son excessive sensibilité au bruit. Son invraisemblable famille, la jeune fille qui prenait des leçons de piano dans l’appartement voisin, le canari qui dans sa cage sifflotait sans discontinuer, la ville et l’univers tout entier, le mettaient donc à la torture…

 

16 – Ne supportant ni le mensonge, ni l’injustice, sa situation en ce monde était des plus délicates. Il s’y sentait aussi à l’aise qu’un végétarien invité par erreur dans un banquet où se trouvent réunis tous les bouchers du pays.

 

17 – Il s’était construit une forteresse pour se protéger du monde. Une fois l’œuvre achevée, il dut comprendre à son corps défendant qu’il en était aussi le seul prisonnier.

 

18 – Il n’était pas modeste, il était humble. Le long exercice de l’écriture rend humble. Les faiseurs de livres n’en savent rien.

 

19 – Il n’ignorait pas, comme l’avait écrit un illustre prédécesseur, que la peur est la malédiction de l’homme. Mais peut-être faut-il plus craindre encore ceux qui ne connaissent pas la peur ou prétendent ingénument ne pas avoir peur, de la mort par exemple… Cela ne révèle sans doute que leur manque d’imagination.

 

20 – De toute sa vie, il ne pleura que fort peu. Il ne connaissait pas le secours, le soulagement des larmes.

 

21 –  Il est cruel et douloureux de voir le monde et les hommes sans aucun voile. Beaucoup préfèrent détourner les yeux.

 

22 – Il était un innocent, que le monde rendit coupable. Mais contrairement à beaucoup, il en tira toutes les conséquences et inventait au fil des pages mille façons astucieuses de se torturer. Parmi son héritage : des idées de supplices insensés… 

 

23 –  Il était le lieu d’un combat singulier : esprit hérité des Lumières,  il était aux prises avec des puissances obscures, des démons, des fantômes que la raison néglige ou ignore…

 

24 – Le cauchemar est l’une des formes de la lucidité.

 

25 – Le seul principe pour concevoir un labyrinthe est qu’une vie entière ne doit pas suffire pour en sortir.

 

26 – Un oiseau en cage dont par un excès de brutalité, on a brisé les ailes.

 

27 – La petite fille en pleurs dans un jardin public de Berlin, parce qu’elle a perdu sa poupée… Pour la consoler, pendant plusieurs semaines, le vieil homme malade qu’il était devenu écrivit des lettres où la poupée racontait à la petite fille sa  vie nouvelle dans le pays lointain où elle était partie. La petite fille rassurée sur le sort de sa poupée bien-aimée, l’oublia peu à peu et les lettres prirent fin. L’histoire est véridique ; contrairement à bien d’autres…   

 

28 – Une femme qui l’a aimé parle de son raffinement intellectuel sans compromis et presque terrifiant ; une autre de son incapacité à accepter la moindre compromission. Ces deux témoignages valent mieux que toute une bibliothèque sur le sujet. Une femme amoureuse ne ment pas et ne dit que l’essentiel. Le reste est bavardage.

 

29 – Vivre, c’est se compromettre. Il dut donc mourir relativement jeune.

 

30 – Pire que la solitude est l’absence de toute possibilité d’être seul.  Un monde de la promiscuité, un monde de voyeurs lubriques et dans lequel la vie privée est un concept de bourgeois compassé.

 

31 – L’affreuse machine à torturer qu’il décrit dans l’un de ses récits est un exemplaire unique et un seul condamné peut y être mis au supplice : c’est une grave perte de temps… Des esprits plus efficaces inventeraient bientôt le supplice à la chaîne, la mise à mort industrielle.

 

32 – Le pouvoir te laisse le loisir de discuter sans fin à son propos ; ce bavardage ininterrompu ne lui nuit en aucune façon ; il est même une des formes de ton asservissement. Le pouvoir ne désire que ton obéissance…

 

33 – Les méfaits de l’obéissance aveugle : combien de millions de morts au vingtième siècle pour en témoigner ?

 

34 – Le pouvoir peut faire attendre indéfiniment. Or, une vie humaine n’est guère plus longue que le trajet de la feuille qui se détache de l’arbre et tombe.

 

35 – Ce que le pouvoir ne pourra jamais empêcher : que l’on rie de lui, et même d’un rire irrépressible…

 

36 – Il est infiniment troublant que les cauchemars d’un seul puissent devenir la réalité plausible de millions d’autres.

 

37 – À de rares exceptions près, on quitte sa famille toujours trop tard. Et la quitter ne veut nullement dire s’en libérer.

 

38 – L’essentiel : avec obstination, patience, il écrivit pendant d’interminables nuits et parfois à l’aube, son travail accompli, il n’en était pas mécontent.

 

39 – Si la fameuse et pénible lettre dont il ne sera pas question lui avait été remise, il est fort vraisemblable que son père ne l’aurait pas lue, comme tous ses autres écrits… Cette lettre jamais parvenue à son véritable destinataire et que tout le monde peut lire est une belle métaphore de la révolte des fils, qui demeure inaperçue…

 

40 – Ecœuré par la ville qui l’avait vu naître, désireux de ne pas s’y enterrer vivant, un soir il partit pour un long voyage en train. Tout se serait sans doute bien passé, si dans le pays lointain où il allait et dont le gouvernement désirait se mousser, au lieu de construire la plus monumentale des gares – susceptible même de faire passer celle de New York pour une niche de chien ! – on avait au préalable songé à installer les rails nécessaires pour s’y rendre. Lui ne se rendit compte de rien : il s’était assoupi et son rêve de vie nouvelle s’acheva dans un fracas de ferraille. 

 

41 – C’était une belle après-midi. Il s’endormit dans une chaise longue et rêva qu’un chien lui léchait le visage. Il se réveilla avec un mouvement de frayeur et se rassura : ce n’était que l’une des infirmières du sanatorium qui essuyait la sueur de son front. Il lui sourit ; mais comme tout homme, il eût préféré être consolé que rassuré.

 

42 – Il avait tracé les quelques mots de son testament dans la neige devant sa maison. À sa mort, des voisins indélicats s’emparèrent de la maison pour la mettre à sac. Quant à son testament, il avait disparu avec les beaux jours. 

 

 

 

       Franz Kafka est mort le 3 juin 1924. Ce texte a été publié dans le numéro 5 de la revue Népenthès (août 2012). Frédéric Perrot. 

jeudi 30 mai 2024

La caverne du sommeil (pour Valentine)

 

Afin que sa chambre ne ressemble pas à un cercueil cloué à la hâte, le rêveur écarte le rideau, ouvre la fenêtre, écoute le pépiement des oiseaux qui appellent avec ferveur l’aurore aux doigts de rose. L’air frais le fait respirer plus librement. Mais pour lui le chant s’est tu… La douleur attend son heure.

 

La caverne du sommeil se peuple de monstres et d’êtres merveilleux. Les premiers hommes y conçurent leurs dieux et d’une grossière erreur de perception, naquit la plus tenace des illusions.  

 

Aussi détrompé soit-il, l’être reste toujours la victime impressionnable de ses propres rêves dont, dans la caverne du sommeil, il oublie qu’il est le seul et unique créateur.

 

De la caverne du sommeil, la psychanalyse a voulu faire une rutilante scène de théâtre, où se joue et se rejoue sans cesse la même pièce calamiteuse. Sophocle et bien plus tard après lui Denis Diderot, avaient pourtant noté comme en passant et sans s’attarder un instant à pareille vétille, que tous les hommes ont plus ou moins rêvé de coucher avec leurs mères. Désir frustre, archaïque, inepte… Il aura fallu attendre un charlatan comme Freud pour élever une telle banalité à la dignité d’un concept et il est presque certain que le prétendu complexe d’Œdipe, aurait fait finement sourire l’auteur du Neveu de Rameau.

 

Contre la psychanalyse – « Vos lumières ont tendance à m’obscurcir, ce sont de fausses lumières, des lumières mortes… »

 

Le continent noir que croit découvrir Freud, au point de se poser en Christophe Colomb de l’âme humaine, avait déjà été exploré dans les romans de Dostoïevski, quelques pages de Nietzsche ou de Maupassant, qui a vécu jusqu’à la folie « l’inquiétante étrangeté »…

 

Comme je comprends toutes ces personnes qui, lorsque le sommeil les prend, n’ont qu’un désir : celui de ne pas rêver

 


Frédéric Perrot

mardi 28 mai 2024

Femme Vie Liberté (sous la direction de Marjane Satrapi)

 



     Quatrième de couverture

 

Le 16 septembre 2022, en Iran, Mahsa Amini succombe aux coups de la police des mœurs parce qu’elle n’avait pas « bien » porté son voile. Son décès soulève une vague de protestations dans l’ensemble du pays, qui se transforme en un mouvement féministe sans précédent.  

 

Marjane Satrapi a réuni trois spécialistes : Farid Vahid, politologue, Jean-Pierre Perrin, grand reporter, Abbas Milani, historien, et dix-sept des plus grands talents de la bande dessinée pour raconter cet événement majeur pour l’Iran, et pour nous toutes et nous tous.