![]() |
| La découverte de l'oreille (Blue Velvet) |
![]() |
| Laura Palmer (Twin Peaks) |
![]() |
| Pete rencontre Alice (Lost Highway) |
Photographies extraites du livre David Lynch (Entretiens avec Chris Rodley). Éditions Cahiers du cinéma
Présentation de l’éditeur :
« Ma détresse est aussi une partie de la détresse universelle. Ma vie ne
se réduit pas aux cris que jette un individu originaire de la
bourgeoisie zurichoise, et à qui son éducation fut fatale ; elle se
confond avec le hurlement peuplé de mille voix de tout l’univers où le
soleil ne s’est plus levé. »
Dans la bonne société zurichoise, au
milieu des années 1970, un homme se meurt. Il a trente-deux ans. Mais
ce qui le condamne, ce n’est pas tant le cancer qui l’accable que le
poids d’obligations absurdes censées garantir les fondements de son
existence et la reproduction de son milieu. À force de vouloir être
respectable à tout prix, il a perdu le sens de la vie et tente de le
reconquérir, in extremis, par l’écriture.
Publié à titre posthume en 1976, Mars
est l’unique texte de Fritz Zorn. Livre-culte pour toute une
génération, il résonne toujours aujourd’hui comme un cri qui nous
appelle à vivre.
Dans ce nouveau recueil, Sombres Vers Blancs, Marie-Anne Bruch évoque une fois encore sa difficulté à être au monde et un mal plus général, qui à n’en pas douter, est celui de notre triste temps : la détresse psychique. Les titres et sous-titres de certains poèmes sont à cet égard significatifs (Complainte de la folle, Souvenirs de dépression, Souvenirs d’asile). Cependant, malgré la noirceur du propos d’ensemble, ces Sombres vers blancs ne sont jamais, si je puis dire, plombants. Les vingt-quatre poèmes qui composent le recueil sont en effet portés par une bien curieuse énergie : Denis Hamel, qui signe la préface, parle à juste titre de « la vitalité de l’expression ». Le mélange des registres dans une forme apparemment classique (des quatrains pour l’essentiel), les rimes intérieures, les jeux de mots à la Desnos ou à la Bashung, permettent à Marie-Anne Bruch d’échapper au marasme, par l’humour et une pointe d’autodérision, cette délicatesse des désespérés : « Et plus je me cabosse et mieux je me ressemble ».
Marie-Anne Bruch, Sombres Vers Blancs, Éditions du Petit Pavé
Pour mémoire : « Mais Hermès ne trouva pas à l’intérieur de la grotte Ulysse au grand cœur. Assis sur le rivage, et toujours au même point, il pleurait, son cœur se brisait en larmes, gémissements et chagrins. Et sur la mer inlassable il fixait ses regards en répandant des pleurs. » (Homère, L’Odyssée, Chant V). Frédéric Perrot