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| Télédétente 666 |
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Quatrième de couverture
De ce “pays des choses dernières” où elle tente de survivre au froid et au désespoir, Anna Blume – venue chercher son frère disparu – écrit une longue lettre dont on ne sait si elle trouvera jamais son destinataire : ses errances dans une ville aux rues éventrées, sa lutte pour subsister parmi les “chasseurs d’objets” et les “ramasseurs d’ordures”, la mort omniprésente, la difficulté de vivre des amours durables… revêtent ici une force symbolique d’une actualité étonnante. Et cette lettre, en même temps qu’elle éveille en lui un passé de terreurs et d’apocalypse, interroge insidieusement le lecteur sur son rapport au monde et au langage.
Paul Auster, Au pays des choses dernières (Le voyage d’Anna Blume)
Roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Patrick Ferragut
| Eric Doussin |
Il est une fois, en écrivant, j’imagine que nous sommes sortis vivants de nos épreuves.
Elles nous paraissent interminables, et s’enchaînent avec tout ce qui nous accapare.
Je suis pris par les choses au temps présent, il nous oblige en continu. Nous contons les minutes papillons de liberté, pour chanter une idée.
De quoi souffler les vœux, mirant les étoiles aux interstices.
J’espère les nuages pour amender le trop bleu, la pluie sur nos herbes desséchées, la mousse sur nos écorces dures.
Soleil par trois, fatigué de tous ces Rois fous qui se croient.
Kelig Nicolas
Quatrième de couverture
Jack Isidore a des théories fumeuses sur tout et une collection d’objets aussi farfelus qu’excentriques. Ce garçon est si inadapté à la réalité que, lors de leur déménagement dans la banlieue de Los Angeles, sa sœur Fay et son beau-frère Charley Hume se sentent obligés de l’héberger. Mais sous le regard de Jack, le vernis de la famille modèle se craquelle vite pour laisser exploser au grand jour les névroses de ses deux tuteurs… Entre paranoïa et amour fou, le génie de la science-fiction, Philip K. Dick, explore cette fois-ci un autre univers : la nébuleuse chaotique du mariage et de ses faux-semblants. Une histoire dans laquelle le plus « barjo » n’est certainement pas celui que l’on croit…
Philip K. Dick, Confessions d’un barjo
Traduit de l’américain par Janine Hérisson
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| Georges de La Tour, Job raillé par sa femme, vers 1640-1645 |
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La reproduction en couleurs du Prisonnier de Georges de La Tour que j’ai piquée sur le mur de chaux de la pièce où je travaille, semble, avec le temps, réfléchir son sens dans notre condition. Elle serre le cœur mais combien désaltère ! Depuis deux ans, pas un réfractaire qui n’ait, passant la porte, brûlé ses yeux aux preuves de cette chandelle. La femme explique, l’emmuré écoute. Les mots qui tombent de cette terrestre silhouette d’ange rouge sont des mots essentiels, des mots qui portent immédiatement secours. Au fond du cachot, les minutes de suif de la clarté tirent et diluent les traits de l’homme assis. Sa maigreur d’ortie sèche, je ne vois pas un souvenir pour la faire frissonner. L’écuelle est une ruine. Mais la robe gonflée emplit soudain tout le cachot. Le Verbe de la femme donne naissance à l’inespéré mieux que n’importe quelle aurore.
Reconnaissance à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténèbres hitlériennes avec un dialogue d’êtres humains.
René Char, Feuillets d’Hypnos (1943-1944)