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| Schiltigheim |
Pour écouter I remember nothing :
Présentation de l'éditeur :
Par l’autrice la plus passionnante de sa génération, un essai de poétique lumineux. L’Idiote du village s’impose par la fragilité, l’innocence et la force d’un regard qui refuse la norme. Une langue libre et radicale, un geste littéraire rare, à la fois intime et visionnaire.
Laura Vazquez conduit le lecteur depuis les lieux et souvenirs fondateurs de son enfance – Villeneuve-la-rivière où vivait un garçon trisomique et Le Soler où vivait « La folle » –, dans les replis de la création littéraire. L’autrice travaille un matériau intime et s’interroge sur comment « le texte se met à écrire », comment dans la langue quelque chose advient qui se nomme littérature. Elle produit un essai versifié qui explore le réel et l’intime, l’écriture et la lecture, le rythme et la forme, les œuvres et le monde ; un court traité (de) poétique peuplé de livres, d’images et de figures d’écrivains, où l’on retrouve sa langue, son souffle et son rythme si singuliers.
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| Exposition au Divanoo |
Pour Valentine,
Si tu veux être un esprit libre,
Garde-toi de te pencher
Sur les remugles du passé.
Disperse la paille de tes fictions,
Et convaincs-toi que jamais
Ta vie ne fut si malheureuse
Qu’une mémoire fallacieuse
Te le laisse croire !
Puis déchire la toile en trompe-l’œil
Des désirs sans lendemain,
Des espoirs déçus,
Des souvenirs paralysants.
Si tu veux être un esprit libre –
Même pour un court instant ! –
Oublie ta peur, rejette l’angoisse
Comme un papier qu’on froisse,
Et même plongé dans les ténèbres,
Somnambule et trébuchant,
Reste fidèle à la lumière :
Vois ! rien n’égale la beauté du jour qui point
Le poème appartient à mon recueil, Dans Les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot
Champs - Champs essais (Paru le 11/03/2026)
Nous
avons peigné la chevelure des comètes,
Déchiffré les
secrets de la genèse,
Foulé les sables de
la lune,
Construit Auschwitz,
détruit Hiroshima.
Tu vois : nous
ne sommes point demeurés inactifs.
Primo
Levi (Procuration)
Il
a écrit pour comprendre et être compris
Sa
formation d’homme de science
L’a
conduit à combattre avec mépris
Le
brouillard des consciences
Que
les malheurs du siècle
Ont
obscurcies
Il
a écrit pour comprendre et être compris
Et
quitte à être démodé
Considéré
avec dédain
Il
a comme critère esthétique absolu
Exigé
la clarté
L’incommunicabilité
Dont
à son époque
L’avant-garde
artistique
A
fait une mode frivole
Lui
semblait un mot hideux
Désagréable
à l’oreille
Non
moins que dans l’idée
Lui
qui l’avait connue et combien
L’incommunicabilité
Réelle…
Il
a écrit pour comprendre et être compris
Comprendre
l’Allemagne et les Allemands
Poids
des années sa conscience s’est obscurcie
L’ont
usé et désespéré son devoir de témoin
Et
comme une insulte
À
la mémoire des millions d’engloutis
Toutes
les infâmes négations…
Il
a toutefois écrit un jour
Qu’un
suicide peut avoir mille raisons
Et
l’honnête homme par excellence
De
ce siècle vaurien
S’est
tué un onze avril au matin
Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot
Loin des esprits amers
Dont les flottilles
Toujours vous encerclent
Pour vous rabattre
Dans la zone de chasse
Où l’on pourra faire
Crever l’animal
Dans des gerbes d’eau
Mêlée d’or noir et de sang
Image dramatique
Naufrage anticipé
Si vous voulez savoir
Où je veux être et vivre
Je vous dirais
Peu importe n’importe où
Mais loin hors de portée
De tous ces esprits amers
Aux haines tenaces
Loin du terrible
ressentiment
Partout aux affaires
Loin si loin
De la bêtise et de la
rage
Frédéric Perrot