vendredi 28 août 2026

Bashung, Daho et ainsi de suite (pour Cyril)

Étienne Daho, Tombé pour la France (1985) 

pour Cyril,  

 

Trajectoire inflexible  

On est soi-même emporté 

Dans le mouvement aspiré  

Et un rien à la traîne  

 

Comme un enfant qui ne sait pas vraiment  

Faire ses lacets ou chausser ses skis  

Voit le groupe s’éloigner 

Sentiment d’abandon, panique 

 

Tout va bien sûr trop vite 

 

Mouvement imperturbable  

On est franchement à la remorque  

C’est comment qu’on freine  

Je voudrais descendre de là ! 

 

Trajectoire inflexible  

Pour parler sans détours  

On est carrément à la ramasse 

L’avenir se moque de nous  

 

On fait déjà partie  

Des choses à passer sous le tapis 

Un jour nous serons tous à la rue 

Cela m’est revenu d’un fanzine de poésie  

 

Bien vu bien dit  

Merci les poètes 

Je ne sais évidemment pas  

Ce que je veux dire au juste  

 

Tout va bien trop vite  

Tonneaux chaotiques  

Ne me demande pas ce que je fabrique  

Je te raconterai n’importe quoi !  

 

                            Frédéric Perrot  

 

 

Pour écouter « C’est comment qu’on freine » d’Alain Bashung :  

Pour écouter « Tombé pour la France » d’Étienne Daho : 

jeudi 27 août 2026

Un article de Frédéric Bach sur mon recueil, Dans les marges du temps

 

Frédéric Bach, Médiathèque Gisèle Halimi, Lingolsheim

L’ami Frédéric Bach, l’auteur de La bascule, a eu l’amabilité d’écrire un article consacré à mon recueil, Dans les marges du temps. Je me sens très honoré. Un grand merci à lui ! Frédéric Perrot.  

 

            Pour lire l’article « A la frontière aussi, les heures passent » : 

 

            https://frederic-bach.com/2026/08/27/a-la-frontiere-aussi-les-heures-passent/ 


Georges Bernanos, La France contre les robots

 

 

Présentation de l’éditeur 

 

    Il ne faut vraiment pas comprendre grand-chose aux faits politiques de ces dernières années pour refuser encore d’admettre que le Monde moderne a déjà résolu, au seul avantage de la Technique, le problème de la Démocratie. Les États totalitaires, enfants terribles et trop précoces de la Civilisation des Machines, ont tenté de résoudre ce problème brutalement, d’un seul coup. 

 

    C’est en exil au Brésil que Georges Bernanos écrit La France contre les robots, anticipant la fin de la guerre et les illusions à venir. À ses yeux, les totalitarismes et la guerre qui en a découlé n’étaient que les symptômes d’un monde profondément malade. Ce mal, qui prolifère sous l’étendard trompeur du progrès et de la raison, est “une conspiration contre toute espèce de vie intérieure”, le règne de l’argent et de la technique. La “Civilisation des Machines” régente les rapports humains et vide petit à petit l’homme de sa substance, ne laissant derrière elle que des masses irresponsables et serviles. Bernanos s’en prend aux compromissions de tous bords. Il livre un texte remarquable de clairvoyance, au style saisissant, drôle et véhément, lyrique et visionnaire. 

 

Georges Bernanos, La France contre les robots 

Éditions Allia 2026 

mardi 25 août 2026

Promenade sous opioïde (pour René)

 

Alien, le huitième passager, Ridley Scott (1979)

 

pour René  

 

promenade sous opioïde 

fantôme capsule vide  

mais envahie par la voix et les mots 

d’une atroce chanson de variété 

impossible de faire vibrer d’autres scies 

piteux échos dans la caverne 

concevoir un pseudo-poème 

dont chaque ligne 

serait le détournement 

du titre d’un film 

ambiance western 

déserts grandes étendues 

il serait une fois dans l’Ouest 

la femme qui tua Liberty Valance 

à la nuit américaine 

tu préfères les rencontres du énième type 

les voyages au bout de l’enfer 

les odyssées de l’espace 

mais attention au huitième passager 

inutile de te croire un blade runner 

si tu n’es qu’un androïde 

cela tourne un peu en rond 

comme ta promenade sous opioïde 

on prend les mêmes et on recommence 

piteux échos atroce chanson capsule vide 

 

                        22 août 2026 

 

                            Frédéric Perrot