le bel de mai
jeudi 5 février 2026
dimanche 1 février 2026
Une expérience restreinte (fragment)
« J’ai
moi-même vécu avec l’idée de la mort.
Pour
une fois, je sais de quoi je parle.
Mais souviens-toi bien
de tes quatorze, quinze
ou seize ans,
et que si les adolescents
se tuent
avec un tel empressement,
renoncent si facilement à
la vie
à la stupéfaction de
tous,
c’est qu’ils en ont une
expérience restreinte
et que la mort paraît désirable…
Or, la beauté de la vie,
c’est qu’il faut lui
laisser le temps de se révéler. »
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En
tant que professeurs, nous sommes quelques fois confrontés au désir morbide de
certains de nos élèves. Nous ne savons que faire de leur détresse… Les cellules
d’écoute psychologique et autres inepties dont l’Education nationale est une
spécialiste, ne changent évidemment rien. Le suicide d’un adolescent ou d’une
adolescente est toujours un effroyable gâchis et il faut grandement s’inquiéter
que tant d’entre eux y trouvent une solution. – Ces quelques lignes lacunaires
sont un fragment d’un poème inabouti, le « sujet » étant trop
complexe et vertigineux pour moi…(décembre 2024). Frédéric Perrot.
Solitude ambulante
Solitude
ambulante
Ne
va jamais loin
Reste
dans son pré carré
Longe
de laides maisons
Aux
volets défraîchis
La
fatigue est profonde
Et
le désir manque
Solitude
ambulante
Ne
va jamais loin
Achète
ce dont besoin
Pour
supporter le tunnel du soir
Puis
longeant en sens inverse
De
laides maisons
Et
de mornes jardins
Retourne
à sa prison
Frédéric Perrot
lundi 26 janvier 2026
Las des effondrements programmés
Las des effondrements programmés
L’avenir ne nous aime pas
Nous l’avions bien compris avant qu’on
nous le dise
Nous sommes encore humains trop humains
Il nous faudra remédier à ces dernières
défaillances
Si nous ne voulons pas être vomis par le
monde nouveau
C’est-à-dire relégués dans des zones
d’oubli
Où rendus impuissants nous pourrons
toujours
Pour la beauté du geste envoyer quelques
signaux
Qui se perdront dans des ténèbres épaisses
Non, il nous faudra porter le masque de
l’inhumain
Demeurer inaperçus dans l’acceptation
Pendant de longues années peut-être
Afin d’être efficaces en temps utile
Ces longues années ne seront pas perdues
Nous aurons eu le temps de nous instruire
Nous aurons déterminé les points de
rupture
Les espaces vacillants où nous pouvons
agir
Ce ne sera pas une date unique rien de
légendaire
Ce sera une suite de sabotages réussis
Des attaques multiples synchronisées
Des défaites apparentes et de francs
succès
Un système il faut l’avoir à l’usure
Jusqu’à ce qu’il s’effondre d’un coup
Comme de lui-même !
Frédéric
Perrot. janvier 2026
On ferme la porte, on ferme les portes, Dans les marges du temps
On ferme la porte
On ferme les portes
On ferme toutes les portes
Au nez des pouilleux
Des étrangers
Des débarqués de la veille
Faut pas délirer
On ne peut pas accueillir
Toute la misère du monde
Parmi ces gueux
Il y a des gens dangereux
Qui sait des terroristes
De futurs assassins
Vous voulez être leurs complices
Nous non !
On ferme la porte
On ferme les portes
On ferme toutes les portes
Faut pas délirer
L’accueil inconditionnel
C’est un rêve de philosophe
Ou de pèlerin naïf
Nous on a la tête sur les épaules
Et des murs à construire
Et tant pis s’ils crèvent
À
nos frontières
C’est pas écrit Eldorado !
On ferme la porte
On ferme les portes
On ferme toutes les portes
On est si bien au chaud
Entre nous devant nos écrans
Tandis que nos imprécateurs
Font le show permanent !
On ferme les portes
On ferme les portes
On ferme toutes les portes
Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot
« On
ne peut pas accueillir toute la misère du monde »
En
finir avec une sentence de mort
Pierre
Tevanian et Jean-Charles Stevens
Anamosa 2022



