jeudi 27 août 2026

Un article de Frédéric Bach sur mon recueil, Dans les marges du temps

 

Frédéric Bach, Médiathèque Gisèle Halimi, Lingolsheim

L’ami Frédéric Bach, l’auteur de La bascule, a eu l’amabilité d’écrire un article consacré à mon recueil, Dans les marges du temps. Je me sens très honoré. Un grand merci à lui ! Frédéric Perrot.  

 

            Pour lire l’article « A la frontière aussi, les heures passent » : 

 

            https://frederic-bach.com/2026/08/27/a-la-frontiere-aussi-les-heures-passent/ 


Georges Bernanos, La France contre les robots

 

 

Présentation de l’éditeur 

 

    Il ne faut vraiment pas comprendre grand-chose aux faits politiques de ces dernières années pour refuser encore d’admettre que le Monde moderne a déjà résolu, au seul avantage de la Technique, le problème de la Démocratie. Les États totalitaires, enfants terribles et trop précoces de la Civilisation des Machines, ont tenté de résoudre ce problème brutalement, d’un seul coup. 

 

    C’est en exil au Brésil que Georges Bernanos écrit La France contre les robots, anticipant la fin de la guerre et les illusions à venir. À ses yeux, les totalitarismes et la guerre qui en a découlé n’étaient que les symptômes d’un monde profondément malade. Ce mal, qui prolifère sous l’étendard trompeur du progrès et de la raison, est “une conspiration contre toute espèce de vie intérieure”, le règne de l’argent et de la technique. La “Civilisation des Machines” régente les rapports humains et vide petit à petit l’homme de sa substance, ne laissant derrière elle que des masses irresponsables et serviles. Bernanos s’en prend aux compromissions de tous bords. Il livre un texte remarquable de clairvoyance, au style saisissant, drôle et véhément, lyrique et visionnaire. 

 

Georges Bernanos, La France contre les robots 

Éditions Allia 2026 

mardi 25 août 2026

Promenade sous opioïde (pour René)

 

Alien, le huitième passager, Ridley Scott (1979)

 

pour René  

 

promenade sous opioïde 

fantôme capsule vide  

mais envahie par la voix et les mots 

d’une atroce chanson de variété 

impossible de faire vibrer d’autres scies 

piteux échos dans la caverne 

concevoir un pseudo-poème 

dont chaque ligne 

serait le détournement 

du titre d’un film 

ambiance western 

déserts grandes étendues 

il serait une fois dans l’Ouest 

la femme qui tua Liberty Valance 

à la nuit américaine 

tu préfères les rencontres du énième type 

les voyages au bout de l’enfer 

les odyssées de l’espace 

mais attention au huitième passager 

inutile de te croire un blade runner 

si tu n’es qu’un androïde 

cela tourne un peu en rond 

comme ta promenade sous opioïde 

on prend les mêmes et on recommence 

piteux échos atroce chanson capsule vide 

 

                        22 août 2026 

 

                            Frédéric Perrot 

jeudi 20 août 2026

Journée docile seul (un poème d'Alain Minighetti)

Alain Minighetti
 

Journée docile seul 

dans le manque 

sans souffrance 

musique clémente psychédélique 

perdu la notion de temps 

les nerfs relâchés reposés 

doux comme de s’endormir 

avec la lourdeur d’un pachyderme 

tu ne fais pas l’amour 

avec un physique mais avec l’image 

que tu te fais 

de l’émanation de ses mouvements 

pas d’orgueil pas de nerfs 

les objets figés – être en apesanteur 

l’inconscient est là beau 

chaud comme un linge propre 

tu peux le toucher 

l’humer garder les lèvres closes 

être en arrière du temps 

tiré par le temps dans ses sabots 

sa torpeur dans l’estomac 

comme une enclume cependant 

une impossibilité à régurgiter les deuils 

qui se multiplient comme des lentes 

comment trouver le chemin de ton lit 

celui du sommeil véritable – s’abandonner 

ho mais qu’ils sont perchés tout là-haut 

tu dois trouver une échelle de pompier 

sont cachées tes pilules 

à quelle heure ferme la pharmacie 

sur le chemin de la solitude 

tu serres les rênes 

chaque jour un peu plus loin 

lorsqu’il ne reste plus personne 

Mathilde parle en toi – fuite en avant 

tu ne peux plus sortir aller nulle part 

partout le spleen t’étreint 

fondu dans l’angoisse 

les conversations qui t’excluent 

avec Mathilde c’est doux 

parce qu’elle ne te parle pas 

tu peux réfléchir en paix 

sans les interférences t’arc-bouter 

pour ramasser les cendres 

tu ne l’as jamais empêché de se saouler 

ni de se jeter dans la Volga 

tu lui as simplement demandé 

de te laisser lire son Télérama 

nous ne voulons pas de ces virtuosités froides 

de ces feuilletons romanesques insipides 

nous voulons l’âme des gens sur la table 

le bûcher aux vanités sur la table 

tu es enfoui dans la jungle de tes pensées 

tu remercies Mathilde pour son écoute 

car tu es conscient que le pathétisme 

la misère repoussent et effraient 

pourtant seul 

dans le manque 

sans souffrance 

c’est beau un homme qui pleure 

 

                            Alain Minighetti