« Je
ne cherche pas à me blanchir, je fais largement amende honorable, mais à bien y
réfléchir, je ne comprends pas pourquoi je devrais porter seul la
responsabilité de ce carnage. Est-ce ma faute si ton rêve a basculé ?
Toute cette histoire était cousue de fil blanc, une escroquerie sentimentale. Émus
par de si charmants débuts, nous nous bercions tous deux d’illusions et à un
moment, ce fut l’heure du réveil. Je ne cherche pas à me blanchir, je sais que
je suis imbuvable, mais tout bien médité, je ne comprends vraiment pas pourquoi
je devrais endosser seul la responsabilité de ce carnage. Est-ce ma faute si
ton rêve a basculé ? Est-ce ma faute, si tout était marqué dès le début
du sceau de la fausseté ? Je ne cherche aucunement à me blanchir, il faut
parfois insister pour se faire comprendre, mais je refuse de porter seul
la responsabilité de ce carnage : ce serait trop facile, comme une
explication tronquée, visant à donner un sens univoque à l’histoire, son fin
mot… Or, pour aboutir à un tel carnage, il a fallu que les coups répondent aux
coups et que chacun s’envenime de ses propres blessures, de sorte que les torts
ne peuvent être que partagés, quoique dans des proportions différentes, bien
sûr… Indépendamment de toutes les circonstances contraires et des difficultés
ajoutées par mon seul caractère, est-ce ma faute si ton rêve a basculé ? »
Frédéric Perrot





.jpg)