À l’heure des vérités amères,
Marcher dans la ville déserte.
Le ciel, au-dessus des toits,
Qu’une main pourrait froisser…
Seules brillent, on ne sait pour qui,
Les vitrines des hideuses boutiques,
Qui tassées les unes contre les autres,
Comme des filles des rues,
Exposent du rêve vulgaire et galvaudé…
De toute cette pacotille,
On installait des aquariums,
Les noctambules pourraient s’instruire :
Car au fait, comment font les poissons pour dormir ?
Un homme court après un autre.
Le second s’essouffle à ta hauteur,
Puis avec un cri de hooligan
Une masse sombre se révèle être
Un pauvre clochard abruti par l’alcool,
Englouti sous des tas de couvertures
Qui constituent ses possessions.
Même s’il grogne et gémit
Lui au moins, on sait comment il dort…
Dans un roman dit réaliste
Il se mettrait à pleuvoir
Le ciel est une toile peinte,
Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot.