lundi 9 février 2026

Le monde sans toi, Dans les marges du temps (pour Guillaume)

 

Eric Doussin, Désert

Le monde sans toi

Est un vaste désert

Où je traîne mon néant

Sans savoir pourquoi

Tant tout ce qui vit

Aveuglément persévère

Dans sa voie éphémère

 

Le monde sans moi

Ne sera en rien différent

À l’instant où je tomberai

Ce sera comme si

Je n’avais jamais existé

À peine plus qu’une fine pluie

Absorbée par un sol aride



Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot


vendredi 6 février 2026

I got this old address/of someone that I knew/It was high and fine and free/Ah, you should have seen us (Leonard Cohen, I can't forget)

 

Jimmy Poussière, Alain Minighetti

I stumbled out of bed

I got ready for the struggle

I smoked a cigarette

And I tightened up my gut

I said this can’t be me

Must be my double

 

And I can’t forget, I can’t forget

I can’t forget but I don’t remember what

 

I’m burning up the road

I’m heading down to Phoenix

I got this old address

Of someone that I knew

It was high and fine and free

Ah, you should have seen us

 

And I can’t forget, I can’t forget

I can’t forget but I don’t remember who

 

I’ll be there today

With a big bouquet of cactus

I got this rig that runs on memories

And I promise, cross my heart,

They’ll never catch us

But if they do, just tell them it was me

 

Yeah I loved you all my life

And that’s how I want to end it

The summer’s almost gone

The winter’s tuning up

Yeah, the summer’s gone

But a lot goes on forever

And I can’t forget, I can’t forget

 

I can’t forget but I don’t remember what

 

 

Pour écouter la chanson de Leonard Cohen : 


https://youtu.be/o-58u8Lyvhw?si=oV7scnP4lfQmyvGg


Plus ne m'est rien, Dans les marges du temps (avec un dessin d'Alain Minighetti)

 

Alain Minighetti

Plus ne m’est rien,

Dis-je pour épater le silence.

 

En cet instant précis,

Je touche à mon bonheur

Du bout des doigts.

 

Hélas, je ne saurais l’étreindre :

Entre mes bras de gros ours,

Il perdrait de sa superbe !

 

Mais plus ne m’est rien,

 

Peu m’importe ce qui se mêle

Au fil hasardeux de ma vie : 

Je puis regarder mon bonheur

 

Comme un papillon blanc

Voletant pour

Une brève éternité,

 

Une femme entrevue,

Qui bien vite s’évanouira

Au coin de la rue


 

            Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot


dimanche 1 février 2026

Une expérience restreinte (fragment)


« J’ai moi-même vécu avec l’idée de la mort.

Pour une fois, je sais de quoi je parle.

 

Mais souviens-toi bien

de tes quatorze, quinze ou seize ans,

et que si les adolescents se tuent

avec un tel empressement,

 

renoncent si facilement à la vie

à la stupéfaction de tous,

c’est qu’ils en ont une expérience restreinte

et que la mort paraît désirable…

 

Or, la beauté de la vie,

c’est qu’il faut lui laisser le temps de se révéler. »

 

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En tant que professeurs, nous sommes quelques fois confrontés au désir morbide de certains de nos élèves. Nous ne savons que faire de leur détresse… Les cellules d’écoute psychologique et autres inepties dont l’Education nationale est une spécialiste, ne changent évidemment rien. Le suicide d’un adolescent ou d’une adolescente est toujours un effroyable gâchis et il faut grandement s’inquiéter que tant d’entre eux y trouvent une solution. – Ces quelques lignes lacunaires sont un fragment d’un poème inabouti, le « sujet » étant trop complexe et vertigineux pour moi…(décembre 2024). Frédéric Perrot.


Solitude ambulante

 

Solitude ambulante

Ne va jamais loin

Reste dans son pré carré

Longe de laides maisons

Aux volets défraîchis

La fatigue est profonde

Et le désir manque

 

Solitude ambulante

Ne va jamais loin

Achète ce dont besoin

Pour supporter le tunnel du soir

 

Puis longeant en sens inverse

De laides maisons  

Et de mornes jardins

Retourne à sa prison

 

 

                               Frédéric Perrot

lundi 26 janvier 2026

Las des effondrements programmés

 

Las des effondrements programmés

L’avenir ne nous aime pas

Nous l’avions bien compris avant qu’on nous le dise

Nous sommes encore humains trop humains

Il nous faudra remédier à ces dernières défaillances

Si nous ne voulons pas être vomis par le monde nouveau

C’est-à-dire relégués dans des zones d’oubli

Où rendus impuissants nous pourrons toujours

Pour la beauté du geste envoyer quelques signaux

Qui se perdront dans des ténèbres épaisses

 

Non, il nous faudra porter le masque de l’inhumain

Demeurer inaperçus dans l’acceptation

Pendant de longues années peut-être

Afin d’être efficaces en temps utile

Ces longues années ne seront pas perdues

Nous aurons eu le temps de nous instruire

Nous aurons déterminé les points de rupture

Les espaces vacillants où nous pouvons agir

Ce ne sera pas une date unique rien de légendaire

Ce sera une suite de sabotages réussis

Des attaques multiples synchronisées

Des défaites apparentes et de francs succès

 

Un système il faut l’avoir à l’usure

Jusqu’à ce qu’il s’effondre d’un coup

Comme de lui-même !

 

 

                         Frédéric Perrot. janvier 2026