Dans ce nouveau recueil, Sombres Vers Blancs, Marie-Anne Bruch évoque une fois encore sa difficulté à être au monde et un mal plus général, qui à n’en pas douter, est celui de notre triste temps : la détresse psychique. Les titres et sous-titres de certains poèmes sont à cet égard significatifs (Complainte de la folle, Souvenirs de dépression, Souvenirs d’asile). Cependant, malgré la noirceur du propos d’ensemble, ces Sombres vers blancs ne sont jamais, si je puis dire, plombants. Les vingt-quatre poèmes qui composent le recueil sont en effet portés par une bien curieuse énergie : Denis Hamel, qui signe la préface, parle à juste titre de « la vitalité de l’expression ». Le mélange des registres dans une forme apparemment classique (des quatrains pour l’essentiel), les rimes intérieures, les jeux de mots à la Desnos ou à la Bashung, permettent à Marie-Anne Bruch d’échapper au marasme, par l’humour et une pointe d’autodérision, cette délicatesse des désespérés : « Et plus je me cabosse et mieux je me ressemble ».
Marie-Anne Bruch, Sombres Vers Blancs, Éditions du Petit Pavé






