| Jimmy Poussière (Alain M) |
vendredi 10 novembre 2017
jeudi 9 novembre 2017
Jack the Ripper
| Jimmy Poussière (Alain M) |
Jack the Ripper
Pour Alain,
Jadis
j’ai connu une femme
J’eusse mieux fait
De
passer mon chemin
J’ai
regretté par la suite
De
ne pas être chirurgien
Et
de ne pas disposer
Des
instruments adéquats
Elle
eût été parfaite
En
Mary Jane Kelly
Et
moi
En
Jack L’Eventreur
J’eusse
pris la fuite
Avec
son cœur –
Mais
le problème est
Qu’elle
n’en avait pas !
Frédéric Perrot
mercredi 8 novembre 2017
En zones inondables (accompagné d'un dessin d'Eric Doussin)
Pour Alain Minighetti
Tremblent
nos histoires d’amour sur pilotis
Insouciants
de tout
Nous
avons construit
Nos
fières maisons
En
zones inondables
Nous
mésestimions
La
montée des flots
L’obscène
tristesse
Des
plaisirs sans joie…
Depuis
tout sombre sans bruit
Oh
longue habitude…
Nous
mimons l’amour
Dans
des draps humides
Nos
pauvres taudis
Nos
vies se décollent
Comme
des peaux mortes
Et
nous souhaiterions
Que
les eaux emportent
Nos
deux corps tremblants et les pilotis…
Frédéric Perrot
![]() |
| Eric Doussin |
mardi 7 novembre 2017
Kelig me dédie un texte
Faire avec
Viennent des pensées négatives sur le
Monde, rien ne peut y faire, face aux constats. Souvent celui qui en est
assailli n’en dit rien, ou très peu. Il arrive qu’il en fasse part. Certains,
qui ont même parfois une sorte de rôle de médecin des tourments, ont réponse à
tout désastre manifeste en lapalissade inodore, ils se hâtent de
rétorquer : « Le monde n’est pas parfait.» Ainsi soit-il Lol.
…
le Monde, quel qu’il soit et devienne, il serait nécessaire de s’y adapter,
voici le sacerdoce de tout le monde à prendre ou à laisser. S’y plier,
comprenez-vous. Pourtant, à ce possible inadmissible nul n’est tenu.
Certes, il faut faire la part des
choses, essayer de voir, relativiser, nuancer et tenir à l’existence et aussi,
à la vie, mais au fond celui qui est pris
par ces questions est à contre-courant par rapport à sa façon de voir ce qui
est le réel, c’est ainsi, car espèce d’idéaliste, il aspire à une forme
d’équilibre humain véritable, autre, avec un supplément d’âme, et ne peut en
aucun cas accepter les choses en l’état.
Enjoy !
![]() |
| Dessin - Kelig Nicolas |
dimanche 5 novembre 2017
La nuit élucidée (publié dans le numéro 20 de la revue Lichen, novembre 2017)
Pour
Kelig,
Un
orateur – Il était passé maître dans l’art de prononcer de longs discours pour
lui-même, les yeux ouverts dans l’obscurité.
Contre le ressentiment – « Vos écrits
sont encore bien amers. À votre place, je commencerais par me purger de mon
venin ; car qui croyez-vous donc piquer
avec votre langue de
vipère ? »
Ou : « Je n’aime pas
votre manière de juger l’humanité entière, sans avoir pris la peine de vous
considérer vous-même…»
« Il parle tout seul » – « Et
alors ? Il passe des heures et des heures en sa seule compagnie ; à
un moment ou à un autre, il lui faut bien entendre une voix humaine, fût-elle
la sienne… »
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La nuit élucidée – « Souvent la nuit
nous comble de révélations provisoires ; nous avons le sentiment de
parvenir à une vaste compréhension, non de nous-mêmes – car pour cela, le jour
suffit –, mais du malheur commun et de ce qui agit les hommes… Et s’il n’était
pas trois heures du matin, nous lancerions sans doute un éclatant Eurêka !
Hélas, à chaque fois, ces rapides éclairs de compréhension et les élans de joie
qui les accompagnent, s’achèvent dans l’ironie et la dérision d’un sommeil de brute, qui les engloutit… »
« Au cœur de la nuit » – « Quelques
mots qui ne veulent rien dire ; car la nuit n’a ni « cœur », ni « profondeur » :
la nuit n’est que le temps tel qu’en lui-même, le temps nu – Expérience
éprouvante, souvent douloureuse… »
Ou : « Je comprends fort bien
tous ceux, dont moi, qui ne supportent pas la nuit et n’ont d’autre but que de
l’habiter artificiellement ou de la traverser à vive allure, au gré de
l’ivresse…»
Sans trace d’ironie – « Ces nuits,
nous les avons vécues jusqu’au bout et intensément. Nous étions là, avec des
amis, et la conversation nous portait, nous passionnait. Nous avons beaucoup
ri, et parfois au fil de la conversation, nous nous sommes livrés, plus que
nous l’aurions voulu… Mais quelle importance ? Nous étions vivants et nous
ne voulions surtout pas dormir… »
Frédéric Perrot
Frédéric Perrot
![]() |
| Hambourg |
jeudi 19 octobre 2017
Comme subjuguée (d'après une encre d'Eric Doussin)
Dès
qu’ils ont le dos tourné
Elle
leur fausse compagnie
Pour
s’aventurer dans la forêt
Elle
ne veut ni se perdre
Ni
les effrayer
Son
désir est plus indépendant
Elle
veut seulement aller
Où
ses pas l’emportent
Comme
subjuguée…
Elle
les a tous oubliés
Elle
a oublié qu’une personne de son âge
Ne
se risque pas seule dans une forêt
Au
vrai elle a oublié jusqu’à son âge
Et
appuyée sur son vieux bâton
Elle
poursuit une image
Peut-être
la jeune fille qu’elle a été
Peut-être
l’homme qu’elle a aimé
Peut-être
un tout autre rêve – nul ne sait…
Dès
qu’ils ont le dos tourné
Elle
leur fausse compagnie
Tellement
heureuse d’aller dans la forêt…
Frédéric Perrot
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