lundi 17 août 2026

Les beautés inéprouvées

 

Tous ces périls nés de la dépravation — Une folie de destruction sans précédent s’est emparée des esprits. Quel beau monde que cet étouffoir, où l’ignominie et le cynisme règnent sans partage. Maudits prédateurs ! Guerriers millénaristes sans honneur ! L’inepte morale chrétienne nous laisse entendre que tous ces vautours et charognards ne l’emporteront pas au paradis : la belle affaire ! Où a-t-on vu même une fois de tels brigands punis ? D’autant qu’ils travaillent, ils travaillent à leur propre immortalité ! Il est vrai que lorsqu’on est si riche et si puissant, l’idée de devoir mourir comme un vulgaire péquin est un brin déplaisante. La mort est trop démocratique pour ces grands seigneurs et ils travaillent donc à l’abolir, pour eux seuls évidemment : charité bien ordonnée commence par soi-même ! Du fond de mon trou, je leur souhaite d’échouer dans les plus immenses largeurs et qu’ils aillent pourrir parmi les dernières fleurs, ultimes traces du paradis terrestre et de l’Éden… 

 

Les beautés inéprouvées — Les beautés inéprouvées se pressent de toutes parts. Absurde regard toujours tourné vers l’intérieur, et pour tout dire tombé à l’intérieur, comme dans un trou sordide et sans fond. Même inconsciente, quelle habitude malsaine ! L’intériorité est une sinistre plaisanterie, un piège… Creuser, descendre, creuser, pour découvrir au mieux de rebutantes nécropoles : on ne m’y reprendra plus ! J’aurai les yeux ouverts, comme le poète j’apprendrai à voir — Et je ferai miennes toutes ces beautés inéprouvées ! 

 

                                                                        Frédéric Perrot 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire