Le chat de l'artiste inconnu, Eric Doussin |
Ce sentiment de voir sa vie disparaître dans les marges du
temps…
Contre le suicide logique – Le suicide est une réponse
inadéquate à une question mal posée.
Dans la plupart des cas, le suicide n’est pas un acte
libre et m’agacent les innombrables réflexions théoriques sur ce « thème ».
Même Camus… Les premières phrases de son livre sur l’absurde sentant le sujet
de thèse.
Verbiage philosophique – On n’apprend pas à mourir. Rien
n’est convaincant dans les pages de Montaigne…
Se dire « j’aurai
quand même vécu », comme Vladimir Jankélévitch, n’a jamais consolé
personne. C’est un truisme. La mort ainsi conçue est une abstraction, un
événement presque incongru qui survient à un moment ou à un autre, si possible
dans l’extrême vieillesse… Mais cela ne se passe pas ainsi.
La mort, parfois et même souvent, est un coup de hache qui
abolit le temps.
Il y a l’accident, le meurtre et la mort injuste, celle des
enfants et des jeunes gens qu’une maladie emporte rapidement… Je doute que dans
aucun de ces cas, on puisse dire comme ce professeur qui se plaît à « penser la mort », assis dans son
fauteuil : « J’aurai quand même
vécu… »
Le désespoir est le bras armé de la mort.
Le désespoir surtout se tait… Il ne parvient pas à s’exprimer
et c’est pour cette
raison qu’un poète naïf pouvait prétendre qu’il « n’existe pas ».
Plaisant – Mourir est à la portée du premier venu. Ne
pourrait-on pas imaginer quelque chose de plus original ?
La mort est un point final.
Il ne nous reste qu’à écrire quelques belles phrases…
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Les premières phrases du Mythe de Sisyphe d’Albert
Camus disent exactement :
« Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment
sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine
d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. »
Frédéric
Perrot, janvier 2020
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