mercredi 12 janvier 2022

Mercredis de la poésie (26 janvier, avec Frédéric Bach et ma pomme)

Photographie Pierre Louis Aouston

 

Frédéric Bach lira des extraits de son roman La bascule, dont voici les premières lignes.

 

C’est Amandine qui m’a appris qu’en termes d’économie de l’angoisse, un orgasme vaut trois xanax. Je savais déjà qu’avec trois xanax, tu peux oublier l’orgasme. Et les médicaments te détruisent la santé, ne servent qu’à enrichir les labos, ils l’ont dit à la télé. Et en plus si tu prends trop de médocs, t’as l’air bizarre quand tu taffes, et tu te fais virer, au revoir le fric, ta femme te quitte, fin de ta vie sexuelle, et puis t’as honte, au revoir la libido. Le xanax c’est une sorte de cercle vicieux, la bascule si t’es en bas faut baiser pour remonter. Donc c‘était très carré dans ma tête, pour vivre longtemps en bonne santé et avoir de la thune, il faut baiser. C’est le matin, je me réveille je pense à Amandine.

 

Amandine faisait psycho à Paris, et quand nous discutions, elle parlait névroses psychoses transferts, elle était un peu perdue, elle aimait baiser mais elle voulait pas que ça se monnaye, c’était pourtant assez courant à l’asile, mais elle était pas comme les autres nanas, alors je l’ai draguée correct normal, de temps en temps on arrivait à voler quelques minutes d’intimité aux infirmiers, puis après on faisait ensemble les trucs de groupe, moi comme j’étais en fac d’arts plas je l’aidais à peindre les trucs dont elle rêvait, des arbres des oiseaux un peu psychédéliques, et pis en échange quand je revenais de l’entretien avec le médecin elle me décodait ce qui avait été dit, souvent elle me disait que c’était positif je sortirai bientôt, c’est juste une grosse névrose un peu limite parfois mais t’es pas psychotique, alors on était heureux, on était pas amoureux, c’était trop compliqué je pense pour nous deux, mais bon c’était cool et puis de temps en temps, si on était pas fatigués assommés par les médocs, on allait se cacher dans les toilettes et on essayait de jouir ensemble le plus vite possible.

 

Pour ma part, je lirai des extraits de mon recueil Les Fontaines jaillissantes. Frédéric Perrot.


Mercredis de la poésie. Au F.E.C., Salle Léon XIII, 17 place Saint-Etienne. Strasbourg. 18h30.

 

3 commentaires:

  1. Une belle soirée poétique en perspective, nous attendons ce moment qui nous fera du bien après cette vie commune avec madame Covid.
    Pierre Louis Aouston

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    1. Oui, une belle soirée en perspective. Ils ne devraient pas oser encore changer le protocole d'ici la semaine prochaine ! A bientôt.

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  2. économisez les lettres et factorisez: Frederic(Bach,Perrot). Non mais allo?

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