jeudi 26 janvier 2023

Le Théâtre du Potimarron au Divanoo


 

« Donne, donne-moi le droit d’asile …

Je  voudrais accoster ! »

création Théâtre – Forum 2023.

 

Dans le spectacle, des scènes issues d’histoires vécues, dans lesquelles  l’accueil des étrangers, des réfugiés qui fuient la guerre et la misère,  n’est pas  au rendez- vous.

 

Nous jouerons le spectacle une première fois, puis nous reprendrons certaines scènes afin que des personnes du public, si elles le souhaitent, viennent sur scène  pour jouer leur point de vue et  tenter d’agir, afin que demain les choses ne soient plus tout à fait comme avant.

 

Poèmes et chansons rythment le spectacle.

 

Le titre « Donne, donne-moi… » est un extrait de la chanson de Dominique  Grange LE  DROIT D’ASILE.

 

4 représentations  du spectacle en 2023

Café culturel « Le Divanoo » (où a été créé le spectacle) jeudi 26 janvier  20h

Fête des Cultures, à la salle du Cheval Blanc, samedi 28 Janvier 19h

Emmaüs  Mundo 14, Rue de l’Atome  Bischheim, samedi 4 février 14h30

ASTU 13 A rue du Hohwald Strasbourg, dimanche 5 février 11h


samedi 21 janvier 2023

Tant d'arbres abattus


 

Tant d’arbres abattus

Ne nous contemplent plus

 

Pareils à ces géants déracinés

Du ciel que nous touchions

En silence

Nous avons chu

 

Pour d’obscures raisons

À tant de merveilles

Ont succédé

Tant de jours inféconds

 

Et dans les lits froids

Aux rires d’antan

Les larmes orphelines

 

Tant d’arbres abattus

Ne nous contemplent plus

La lune ronde et pleine

Brille pour rien

 

Et de tout le temps

Qu’il aura fallu

À la pousse fragile

Pour se hisser au ciel

 

Nul ne se souvient plus

 

 

Lors de la soirée du 19 janvier, Les poètes se lisent, j’ai lu : Le marronnier, Jour de fête, Gravité terrestre, En zones inondables, Des fontaines jaillissantes, Dans le brouillard, Tant d’arbres abattus et Zoo humain. Frédéric Perrot.

Je vous maudis bâtisseurs croupissants (un poème de Sylvia Undata)

 


Je vous maudis

bâtisseurs croupissants

d’obéissance insalubre

en distributeurs de monnaie

– de vide –

 

Je vous déchois

cravates obsolètes

figées dans l’amidon

de votre égo insensé

raidissant vos égoïstes poitrines

– fières et inutiles –

 

Je vous enherbe

fous de béton

de baise et de bêlements

Troupeaux insipides

enchaînés consentants

dans les geôles du pouvoir

 

Ah !

Certains dorment

sur des paillasses de billets

Stocks pour empaillage

de leurs frileuses carcasses !

 

Ceux qui meurent de faim

chanteront leurs cantiques

 

 

Sylvia Undata a lu plusieurs extraits de son livre Trash textes et autres crash tests humains lors de la soirée du 19 janvier, Les poètes se lisent.   

 

lundi 16 janvier 2023

Le fantôme éconduit

 

 Sans prévenir, l’autre nuit encore, tu m’as rendu visite. Cela faisait tellement longtemps : je ne pensais plus guère à toi… Si les dates sont difficilement réfutables, vingt ans peuvent passer comme un rêve… Je n’avais pas envie de te voir. Je n’y étais pas préparé. Mais est-on jamais préparé à quoi que ce soit ? Tu étais là, inchangé, malgré ta peau jaunie et tes cheveux mêlés de terre. Tu ne disais rien, tu me regardais avec une curiosité teintée d’espoir, et, plus sourcilleux qu’une pierre tombale, tu paraissais décidé à attendre… Puisque tu ne disais rien, soudain je me suis mis à parler, parler, m’étourdissant de paroles. De quoi pouvais-je donc parler dans ce silence de purgatoire, et avec tant d’éloquence morbide et de frénésie ? De moi, de moi, de moi… Un moment de gêne douloureuse s’en est suivi. Tu as souri tristement, puis tu as eu un geste étrange, comme d’absolution, avant fantôme éconduit, de disparaître dans les ténèbres, comme tu étais venu…

 

Quand ils se rappellent à notre souvenir, les morts, les gentils morts ne nous jugent pas. Ils nous considèrent même avec indulgence, comme des amateurs qui, n’ayant accompli qu’une partie du voyage, peuvent encore se payer de mots et étaler leur vanité d’individus…

 

                              

                                                                               Frédéric Perrot

dimanche 15 janvier 2023

Le train martyr (un poème de René Char)


 

L’argent s’épuise.

L’appétitive excavatrice

N’ira pas plus avant dans le trou frémissant.

Fini, fini, l’argent s’épuise.

Humeur ! L’égout n’assortit plus ses eaux

De neiges éternelles.

 

Paléontologique commerce de la banque,

Les hauteurs de l’argent, dit-on, s’affaissent.

Celui-ci roulotte loin dans ses plaines finales.

Nul Cuvier ne se penche

Sur la manne dispersée.

Biens des vieux océans exhumés

Retournent aux ouragans stériles.

L’homme creuse là ses abris, croit-on,

Mouillé de sang et sec d’espace.

Est-ce le terme, est-ce l’issue ?

 

L’angoisse est pauvre, le désert fier.

Ce qui naît à chaque aube obscure :

Prendre tout et comprendre peu

Réciproquement s’interdisent.

Tu tiens de toi tes chemins,

Aussi leur personne pensive.

La folie est sans destinée.

Où elle sera, tu n’es plus.


vendredi 13 janvier 2023

Two years have passed/Two years of emptiness inside (Pulp, They suffocate at night)

 


His body loved her
His mind was set on other things
Keep your face out of sight
And your thoughts to yourself
And this went on for several nights
Festering in silence, growing in the dark

 

And this they saw as love
Love
So sad to see
They suffocate at night
Oh this they saw as love
Love
So sad to see
To see it slowly die

 

She met his wishes
He found that he had changed his mind
Now the fit is too tight
And the bedroom too warm
The days are filled with things to do
Night-time lies so hollow and memories betray

 

Oh memories of love
Love
So sad to see
They suffocate at night
Those memories of love
Love
So sad to see
To see it slowly die

 

Two years have passed
Two years of emptiness inside
And the grey skies above
Just show how far I went wrong
I wonder if she’s living there
The way that I recall
The way I’ll always think of you

And when I think of you

I think of love
Love
So sad to see
They suffocate at night
You know I think of love
Love
So sad to see
To see it slowly die

 

I wrote you a letter
I threw it away
I wrote you a letter
I threw it away
I need her
I know I don't need her
I need her

They suffocate at night conclut l’album Freaks de Pulp (1986)

 


Pour écouter la chanson : https://youtu.be/JhnxeKK2lnw