lundi 26 janvier 2026

Las des effondrements programmés

 

Las des effondrements programmés

L’avenir ne nous aime pas

Nous l’avions bien compris avant qu’on nous le dise

Nous sommes encore humains trop humains

Il nous faudra remédier à ces dernières défaillances

Si nous ne voulons pas être vomis par le monde nouveau

C’est-à-dire relégués dans des zones d’oubli

Où rendus impuissants nous pourrons toujours

Pour la beauté du geste envoyer quelques signaux

Qui se perdront dans des ténèbres épaisses

 

Non, il nous faudra porter le masque de l’inhumain

Demeurer inaperçus dans l’acceptation

Pendant de longues années peut-être

Afin d’être efficaces en temps utile

Ces longues années ne seront pas perdues

Nous aurons eu le temps de nous instruire

Nous aurons déterminé les points de rupture

Les espaces vacillants où nous pouvons agir

Ce ne sera pas une date unique rien de légendaire

Ce sera une suite de sabotages réussis

Des attaques multiples synchronisées

Des défaites apparentes et de francs succès

 

Un système il faut l’avoir à l’usure

Jusqu’à ce qu’il s’effondre d’un coup

Comme de lui-même !

 

 

                         Frédéric Perrot. janvier 2026

 

On ferme la porte, on ferme les portes, Dans les marges du temps

 



On ferme la porte

On ferme les portes

On ferme toutes les portes

 

Au nez des pouilleux

Des étrangers

Des débarqués de la veille

 

Faut pas délirer

On ne peut pas accueillir

Toute la misère du monde

Parmi ces gueux

Il y a des gens dangereux

Qui sait des terroristes

De futurs assassins

Vous voulez être leurs complices

Nous non !

 

On ferme la porte

On ferme les portes

On ferme toutes les portes

 

Faut pas délirer

L’accueil inconditionnel

C’est un rêve de philosophe

Ou de pèlerin naïf

Nous on a la tête sur les épaules

Et des murs à construire

Et tant pis s’ils crèvent

À nos frontières

C’est pas écrit Eldorado !

 

On ferme la porte

On ferme les portes

On ferme toutes les portes

 

On est si bien au chaud

Entre nous devant nos écrans

Tandis que nos imprécateurs

Font le show permanent !

 

On ferme les portes

On ferme les portes

On ferme toutes les portes

 

 

Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot



« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde »

En finir avec une sentence de mort

 

Pierre Tevanian et Jean-Charles Stevens

Anamosa 2022


vendredi 16 janvier 2026

Soutien inconditionnel au peuple iranien

 

Pour écouter Bella Ciao (en persan) par Yashgin Kiyani : 


https://youtu.be/GsfBAvPF8-4?si=UcRoFj5U2ITyHXvj

 

14 janvier – Trois ans après le mouvement Femme, Vie, Liberté, massacre de masse en Iran… Ayant plongé le pays dans le « blackout », le régime des mollahs fait tirer à l’arme de guerre sur la population en révolte. Il y aurait au bas mot trois mille cinq cents morts, mais des chiffres plus terribles encore sont avancés et l’on parle de vingt mille morts… Le régime des mollahs, religieux, militaire, mafieux, vivant et s’enrichissant de la rente pétrolière, compte parmi les plus haïssables sur cette planète, et ces jours derniers, pour terroriser la population et avec un cynisme absolu, la télévision d’Etat diffuse volontiers les images des monceaux de cadavres.

Dans cette admirable République islamique, si l’on veut condamner un opposant sans jugement, on le déclare « ennemi de Dieu ». Cela soulage le bourreau de toute responsabilité : c’est Dieu qui l’a décidé et cela signifie peine de mort immédiate par pendaison.


jeudi 8 janvier 2026

Nick Cave and the Bad Seeds, Jack the Ripper (pour Alain)

 

Alain Minighetti

I got a woman

She rules my house with an iron fist

I got a woman

She rules my house with an iron fist

She screams out Jack the Ripper

Every time I try to give that girl a kiss

 


Pour écouter Jack The Ripper :


https://youtu.be/S7lppXJYcD8?si=aTC98qOrmgZFkTLf


lundi 5 janvier 2026

Quand je dis que je n'y arrive pas, Dans les marges du temps

 

Louis-René des Forêts

« Je présume qu’il est arrivé à la plupart d’entre vous de se trouver saisi au revers de la veste par un de ces bavards qui, avides de faire entendre le son de leur voix, recherchent un compagnon dont la seule fonction consistera à prêter l’oreille sans être pourtant contraint d’ouvrir la bouche… »

                                                           Louis-René des Forêts, Le bavard

 

 

Quand je dis que je n’y arrive pas,

ce me semble clair :

je n’y arrive pas tout bonnement,

je ne parviens pas à éprouver les sentiments

que l’on pourrait attendre de moi

en certaines circonstances

et dont on dit pourtant qu’ils sont

naturels et spontanés…

Eh bien, suis-je hors de la nature

si je ne les éprouve pas,

cela fait-il de moi un monstre

si je ne les trouve nulle part en moi, 

et si la conscience que j’en ai

ne change rien à l’affaire ?

Quand je dis que je n’y arrive pas

ce me semble clair…

 

Pardonnez-moi, je m’emporte

et je vous postillonne au visage :

prenez donc ce mouchoir, il est propre.

Je ne voulais pas vous importuner… 

Sachez que je ne compte pas monologuer

ni m’étendre sur quelque chose

qui ne fait en aucun cas de moi

un être bizarre ou singulier…

Je conçois même le contraire :

mon absence d’empathie est des plus banales, 

et chaque jour je peux constater

plus de comportements vils

que de comportements nobles…

Nous avons sans cesse en bouche

les mots générosité tolérance respect,

nous aimons à penser

que nous sommes animés

par le souci de l’autre,

mais concrètement

cela se traduit-il dans nos actes ?

Qui ne se détourne pas

quand il voit un malheureux approcher ?

Qui supporte avec patience

les plaintes d’un ami ?

 

Non, non, ne partez pas encore :

mon verre est vide et j’ai presque fini…

Comprenez-moi bien, je ne mets pas

tout le monde dans le même sac,

il y a toujours des exceptions,

des personnes qui agissent

avec ce souci dont je parlais

juste avant, et j’ajouterai même

que sans ces exceptions,

sans ces exceptions…

Excusez-moi, j’ai perdu le fil :

je ne sais plus où je voulais en venir,

et je vois bien que mon bavardage vous ennuie…

Sachez alors, un mot seulement,

que moi je ne suis pas une exception…

Je ne suis au fond ni meilleur ni pire,

et quand je dis que je n’y arrive pas,

ce me semble clair…


 

Le poème appartient à mon recueil, Dans les marges du temps (novembre 2025). Frédéric Perrot

 

Source image : Le Nouvel Obs